Comment le code façonne votre façon de penser
Dans le guide Du code au produit

Cet article a d’abord été écrit et publié pour le Business Coaching Magazine.
Quand vous écrivez du logiciel toute la journée, cela façonne votre façon de penser. Votre cerveau s’entraîne et vous construisez des automatismes mentaux.
Fait intéressant, certains de ces schémas de pensée sont les mêmes que ceux des entrepreneurs qui réussissent.
Si l’on imagine un développeur comme un geek introverti caché derrière son ordinateur et enfermé dans sa bulle, ce qui se passe en surface est très différent de ce qui se passe dans sa tête.
Quand il programme, un développeur est hyper-concentré. Il a une mission : développer un logiciel. Alors, en quoi consiste développer ?
Développer, c’est apprendre
Avec cet objectif en tête, le développeur esquisse une architecture possible pour construire son logiciel et se met au travail. Il écrit son premier bout de code et le teste.
Le retour est immédiat ! Est-ce que ça marche ? Est-ce que ça compile ?
Si ce n’est pas le cas, le développeur relit et adapte son code, corrige son raisonnement, réécrit son programme et le teste encore et encore jusqu’à ce qu’il marche.
Il revoit son raisonnement et apprend comment construire ce logiciel.
En fait, une fois la programmation terminée, un développeur peut réécrire exactement le même logiciel en environ 1/3 du temps qu’il lui a fallu pour écrire le programme initial. Il a appris et corrigé son approche.
Travailler ainsi vous apprend qu’on ne fait jamais juste du premier coup. Tester et apprendre devient un réflexe.
C’est ce que les développeurs ont en commun avec les entrepreneurs. La capacité à tester, apprendre et s’adapter.
Coder, c’est aller chercher de l’aide
Les bugs et les erreurs de programme sont parfois très difficiles à trouver, à comprendre et à corriger. Le développeur doit trouver la source du bug et sa solution. Très souvent, il cherche sur le web des cas similaires ou sollicite la communauté des développeurs pour obtenir de l’aide. Demander de l’aide et apprendre de ses pairs est un comportement typique des développeurs.
Coder, c’est des possibilités sans limites
De nouvelles applications nous étonnent sans cesse : voitures autonomes, reconnaissance faciale, calculs complexes, algorithmes médicaux, moteurs de recherche, etc. Les développeurs SAVENT que tout est possible avec le logiciel. Ce n’est qu’une question de temps pour le construire et le perfectionner. Les développeurs voient des possibilités là où d’autres voient des obstacles et des blocages.
Coder, c’est comprendre la vue d’ensemble
Avant de coder, le développeur prend du recul pour comprendre le contexte plus large de son travail :
- Dézoomer pour saisir la fonction essentielle attendue. Comment le logiciel va-t-il être utilisé ? Que doit-il faire exactement ? Comment va-t-il apporter de la valeur à l’entreprise ?
- Imaginer la solution : le développeur doit comprendre l’environnement technique dans lequel son logiciel fonctionnera, comme une pièce qui doit s’emboîter parfaitement dans un puzzle plus grand.
Coder est un acte de création
Le développeur crée le logiciel. Il imagine la solution et lui donne vie en codant comme il l’entend. Il choisit comment le construire, les outils qu’il utilisera, par où il commencera, les fonctions et les variables du programme, etc. Les développeurs ont la liberté d’exprimer leur créativité. La seule condition, c’est que ça marche.
Coder rend heureux
Programmer est gratifiant. J’ai réalisé il y a quelques années, en programmant, que les développeurs vivent un état de flow, défini par Mihaly Csikszentmihalyi comme un état de concentration énergique, d’implication totale et de plaisir.
Pour entrer dans cet état de flow, il faut en général :
- un objectif clairement défini
- un défi adapté à vos compétences
- un retour immédiat
Vous entrez alors dans un état de flow qui se reconnaît à :
- une perception du temps modifiée
- une grande clarté intérieure
- et un sentiment de sérénité
Programmer vous permet de vivre ce flow.
Personnellement, j’ai observé ces schémas en tant que développeur et en coachant des équipes d’innovation avec des développeurs. Les développeurs ont déjà ces automatismes mentaux.